Choisir son emploi, un privilège de cadre ?  - SEVE Emploi
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Choisir son emploi, un privilège de cadre ? 

Il y a 8 millions de personnes en mal-emploi en France, c’est-à-dire qui sont au chômage subi ou en contrat précaire.

 

Même une fois en emploi, les inégalités subsistent notamment entre ouvriers et cadres. Davantage d’accidents du travail, de postures pénibles, de ports de charges lourdes et pression hiérarchique plus importante, travails répétitifs, les ouvriers cumulent les facteurs de risques d’épuisement professionnel et de perte de sens au travail.

 

Aucune étude ne s’est intéressée aux secteurs ou aux catégories socio-professionnelles de sorties en emploi des salariés en transition professionnelle. Au regard du niveau de diplôme des STP, nous pouvons présupposer que la plupart se dirigent vers des postes d’ouvriers et d’employés dont les conditions de travail sont plus dures et les salaires plus faibles avec moins de marge de négociation individuelle.

 

Le programme SEVE Emploi place le choix des personnes au centre du parcours d’accompagnement. Cela s’illustre notamment par l’un des 4 piliers du programme : « Chaque salarié.e décide de ses objectifs emploi ».

 

Selon les types de métiers proposés et le niveau d’urgence dans lequel se trouvent les personnes, peut-on vraiment considérer qu’ils et elles ont vraiment le choix dans leurs critères professionnels et le poste exercés à l’issue du parcours d’insertion ?

 

Le marché du travail n’offre pas les mêmes opportunités à toutes et tous. Si l’emploi est pour beaucoup une réponse à un besoin économique, pour qu’il soit durable il est important qu’il ne soit pas trop pénible pour la personne qui l’exerce. C’est là, que les professionnel·les des SIAE peuvent avoir un rôle à jouer.

 

Le secteur du nettoyage source de réflexion : 

 

Julie Valentin, maitresse de conférence à l’université Paris I et chercheuse au centre d’économie de la Sorbonne, a apporté son éclairage en s’appuyant sur le secteur d’activité qu’elle étudie : le nettoyage.

 

Il s’agit d’un emploi qui cumule de nombreuses pénibilités, fragmentés et peu rémunérés. Les catégories les plus vulnérables dans l’emploi, à savoir les femmes et les étrangers sont d’ailleurs surreprésentés dans ce secteur. Pour autant, il est jugé « utile », « indispensable », un argument favorisant le sens du travail et donc la motivation.

2. conf. choisir son emploi
La médiation active, levier de reprise du pouvoir pour les STP :

Le rôle des salariés permanents d’une SIAE est bien d’accompagner les STP vers l’emploi durable. Cela va bien au-delà de la signature d’un CDI. L’objectif est de trouver un emploi dans lequel la personne reste, c’est-à-dire des conditions de travail suffisamment bonnes et des missions acceptables pour la personne et ce qu’elle est en capacité de réaliser.

 

Beaucoup de salariés en transition professionnelle disent vouloir « un CDI » ou « juste un travail pour trouver un logement ». Ces critères correspondent à des situations sociales parfois complexes et dans l’urgence.

 

Les accompagner vers l’emploi durable, c’est aussi leur permettre de découvrir des secteurs d’activités, de tester différentes missions, différents employeurs et surtout, leur offrir un cadre où ils s’autorisent à avoir des critères d’emploi.

3. atelier choisir son emploi

SEVE Emploi est un programme ambitieux de lutte contre le chômage de longue durée et d’accès à l’emploi durable initié par la Fédération des acteurs de la solidarité depuis son expérimentation en 2014. Sa mission est d’accompagner les acteurs de l'insertion professionnelle par l’activité économique à un changement durable de regard et de pratiques. Moteur de transformation, son action s’articule autour de 3 axes : former les professionnel.le.s de l’insertion à travers des méthodes de médiation active, animer les territoires sur ces sujets et valoriser les bonnes pratiques dans les relations entre les entreprises employeuses, les SIAE et les salariés en transition professionnelle. Pour mailler le territoire, son équipe se compose de : 8 collaborateur.rice.s au national, 13 chargé.e.s de mission en régions, et plus de 60 formateur.rice.s qualifié.e.s aux méthodes SEVE. Le programme est co-piloté avec Ministère du Travail, de la santé, des solidarités et des familles, et a depuis sa création formé plus de 500 collectifs, soit près de 3500 professionnel.le.s.


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