29 Mar
  • Par SEVE Emploi
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ISATIS : SIAE aux multiples facettes

Fraîchement entrée dans le programme SEVE Emploi, et ayant récemment obtenu le prix ESS 2021, enchainant la création de nouveaux ACI, ISATIS grandit et propose des alternatives surprenantes aux salarié.e.s en transition mais pas que…

Centre pénitentiaire de Borgo : préparer sa réinsertion par le travail du bois

Depuis le mois d’avril 2021, l’association Isatis en collaboration avec le Service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) et le Centre pénitentiaire de Borgo à une quinzaine de kilomètres au sud de Bastia ont mis en place un chantier de réinsertion. Certains détenus, proches de la sortie, apprennent à travailler le bois et créent leurs propres meubles et objets. Un premier pas vers le retour à la vie active.

Depuis le lancement du chantier d’insertion en avril dernier, ils étaient cinq à se retrouver, chaque jour, de 13h30 à 16h30, dans la grande pièce transformée en ébénisterie au cœur de la prison de Borgo.

Benoît, surveillant brigadier de la prison, nous explique comment : « c’est un vrai entretien d’embauche. Pour nous, pendant trois heures, ces détenus sont à l’extérieur, ils travaillent pour une entreprise extérieure. Alors il faut tout faire dans les règles. Ceux qui sont intéressés déposent une candidature, le SPIP, le service pénitentiaire d’insertion et de probation, fait un premier tri. Et ensuite il y a un jury qui voit si le profil correspond vraiment, et si la motivation est à la hauteur ». 


Premier du genre

« Ça, y a quelques années, c’était impensable. Un détenu qui se munit d’une scie circulaire… Mais l’administration pénitentiaire s’est dit qu’il fallait baser le projet sur la confiance. On a voulu croire que si on leur faisait confiance on aurait un retour. Et après trois mois, on a été exaucés au-delà de nos attentes ». 

Une véritable révolution dans le monde de l’insertion sur le territoire corse avec cet ACI premier en son genre. Cela a été long à mettre en place. Une première tentative a vu le jour en 2017, sans succès pour aujourd’hui devenir un outil incontournable dans le paysage carcéral Corse malgré les réticences des débuts.

Question de confiance

Cécile Fazi, cheffe de service chez Isatis aux manettes du programme nous explique le fonctionnement :

« On signe des contrats d’engagement de quatre mois renouvelables, jusqu’à leur sortie, et une possible embauche. Deux d’entre eux sont sortis, et vont être embauchés par Install’toit, la boutique solidaire dont on s’occupe à Furiani, et où sont déjà vendus les objets et meubles fabriqués dans l’atelier. Mais il n’y a pas que ça, il y a les autres chantiers d’insertion. S’il y en a un parmi eux qui veut devenir fleuriste, on l’aidera à devenir fleuriste. »

En plus de leur encadrant, qui leur apprend chaque jour à travailler le bois, une conseillère en insertion professionnelle vient une fois par semaine pour parler avec eux de leur projet professionnel une fois leur liberté retrouvée. « Le but c’est de se remettre dans les savoirs. Les savoir-faire, les savoir-être… »

Imaginer l’après

Beaucoup de détenus veulent continuer leurs formations après leurs sorties de détention. « Je ne savais pas ce que je voulais faire et ils nous ont fait confiance, ça donne envie d’aller plus loin » d’après le témoignage d’un détenu qui voit sa peine arriver bientôt à sa fin.

L’objectif sur le long terme serait de proposer le dispositif à plus de personnes et de travailler grâce à ce métier supports les sorties et les parcours professionnels en amont pour de meilleurs résultats.

Collaboration entre SIAE SEVE

Corse Sud Insertion et Isatis, une basée à Porto Vecchio et l’autre à Bastia ont décidé d’unir leurs forces pour faire connaître le travail des détenus.

C’est dans le Fashion Coffee Shop, que Don-Pierre le coordinateur a exposé une sélection de pièces réalisées par les détenus. Celles-ci mêlent artisanat et œuvres d’art, « beaucoup de réalisations sont déjà parties » confirmera Don-Pierre qui pense pérenniser ce genre d’exposition pour « valoriser le travail des détenus ».

Une belle manière de commencer à écrire la suite de leur propre histoire.

Sources : FR3 via Stella / Corse Matin /

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