31 Mai
  • Par SEVE Emploi
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Des avancées pour l’emploi déjà observées chez AGICAC après une 3ème journée de formation-action SEVE Emploi !

AGICAC est une SIAE du Grand Est engagée dans le programme SEVE Emploi depuis janvier 2021. Lidwine SCOTTI, Accompagnatrice socioprofessionnelle (ASP), et Sophie POUBLAN, Encadrante technique d’insertion (ETI) sur le chantier environnement, ont participé à 3 journées de formation-action SEVE Emploi sur les 10 prévues. Et elles observent déjà des changements à différents niveaux ! Elodie PETITGENÊT, animatrice SEVE Emploi de la région Grand Est, les a contactées, elles nous expliquent leurs constats.

 

Vous venez de terminer votre 3ème journée de formation, quels changements observez-vous ?

Aller davantage et différemment vers l’entreprise !

L.S. : Avant SEVE, on faisait avec notre réseau, avec les entreprises avec lesquelles on avait l’habitude de travailler, notamment pour trouver des PMSMP (stage). Maintenant on prospecte directement les entreprises. Et généralement le retour est positif, même avec les employeurs qu’on ne connaissait pas du tout ! Par exemple, grâce à une prospection en physique, on a directement été reçu par le directeur qui nous a fait visiter toute son entreprise.

S.P. : La prospection, toute l’équipe y va, ce n’est pas seulement à la charge de l’ASP ! On s’est rendue compte qu’il était important qu’un.e ETI soit présent.e pendant une rencontre avec un employeur. Quand on leur dit que lors d’une PMSMP, l’ETI fera le suivi du salarié et sera en appui de l’employeur, ça les rassure. Les ETI ont un vrai rôle à jouer dans la relation avec l’entreprise, ils.elles connaissent les compétences des salarié.e.s et peuvent en parler d’égal à égal avec un employeur.

Les deux professionnelles ajoutent : « Aujourd’hui on ne parle plus « d’insertion » mais de « transition professionnelle » ! Le mot « insertion » a une mauvaise connotation auprès des employeurs. On change notre langage pour dialoguer différemment avec les entreprises. Et puis quand on parle d’un salarié, lors d’un bilan de PMSMP par exemple, on axe en priorité sur les choses positives et à valoriser. Pour cela, on a dû retravailler notre trame de bilan de PMSMP.

 

Axer le discours sur l’emploi durable pendant le recrutement des salarié.e.s en transition professionnelle

L.S. : Les modalités de présentation de la SIAE et du contrat ont changé. Maintenant, dès le recrutement et la signature du contrat, toute l’équipe parle de l’accès à l’emploi durable. Lors de l’entretien de recrutement, on questionne davantage le/la salarié.e sur ses expériences professionnelles, sur ses activités, sur ce qu’il lui plaît pour avoir de la matière à valoriser auprès d’un employeur, on parle de ce que la personne sait faire.

Avant SEVE, le retour à l’emploi était présenté comme une finalité, après un processus plus ou moins séquencé et il arrivait généralement à la fin du contrat dans la SIAE après plusieurs renouvellements. Désormais, dès l’entrée on verbalise à la personne que toute l’équipe se mobilisera pour mettre en place des actions pour son accès à l’emploi. Bien sûr, il y a toujours des objectifs secondaires comme la situation sociale mais on affirme que la priorité et que notre mission première, c’est l’emploi durable !

 

Le changement de discours crée une nouvelle dynamique chez les salarié.e.s

L.S. : En accueillant les salarié.e.s différemment, avec un autre discours, on a remarqué qu’une autre dynamique s’était créée autour de l’emploi ! Les salarié.e.s se saisissent beaucoup plus rapidement et plus régulièrement de la question. Beaucoup de personnes nouvellement entrées sont déjà parties en PMSMP, elles nous sollicitent plus qu’avant sur la thématique emploi. D’ailleurs, une personne a été embauchée en avril chez AGICAC et à la fin de sa période d’essai, elle a fait une PMSMP qui a débouché sur un CDD de 3 mois.

S.P. : J’ai observé que cela avait aussi une répercussion sur la dynamique du travail sur le chantier. Les salarié.e.s sont plus actif.ve.s le matin sur le temps de la prise de poste et du chargement du matériel.

Pour impulser et maintenir ce dynamisme, tous les vendredis, les ETI font une réunion avec leurs salarié.e.s dont ils.elles sont référent.e.s. C’est un moment dédié où on prend le temps, en petit groupe, de parler de leurs dernières actions vers l’entreprise, de leurs projets et des points positifs de leur semaine. Parfois les salarié.e.s en transition professionnelle s’échangent des pistes « emploi », d’autres racontent ce qu’ils.elles ont fait en PMSMP et ça permet à certain.e.s de découvrir de nouveaux secteurs d’activités.

 

Des rôles entre ASP et ETI moins clivés

S.P. : Ces réunions nous permettent aussi à nous ETI, de parler projet professionnel et emploi avec les salarié.e.s. On est plus investi dans l’accompagnement. Auparavant, chacun.e. avait sa partie « chantier » vs « accompagnement ». Aujourd’hui, on s’impose de prendre du temps pour l’accompagnement.

L.S. : SEVE nous amène à travailler ensemble sur l’accompagnement au sens large, avec l’accès à l’emploi comme objectif commun. L’équipe de permanents communique davantage sur le projet des salarié.e.s, se partage les actions « emploi » comme le démarchage. Je me sens moins seule sur mon poste.

 

Vous avez modifié vos méthodes d’accompagnement et vous voyez que vous obtenez des résultats positifs. Avez-vous pour autant changé vos critères de sélection lors du recrutement des personnes en transition professionnelle ?

L.S. : Pas du tout ! Avec l’accès à l’emploi durable, on ne perd pas la plus-value du chantier et de l’accompagnement social.

On s’organise différemment. Par exemple, nous avons décidé de relayer certaines situations aux partenaires du territoire en fonction de la problématique. On oriente et on coordonne pour solutionner des tensions, l’accompagnement social avance en parallèle de l’accompagnement vers l’emploi durable.

C’est possible de mener les deux de fronts en travaillant sur la dynamique d’équipe ! On n’est pas plus sélectif qu’avant.