27 Avr
  • Par Seve Emploi
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#COVID : on s’écarte du modèle de base, mais on continue à travailler

Guillaume Pinot dirige l’entreprise d’insertion francilienne L’Equipage, filiale d’Emmaüs Défi spécialisée dans la logistique urbaine. Le coronavirus est venu chambouler l’organisation des activités de l’Equipage : rencontre avec un directeur qui s’adapte, dans ce contexte si particulier, pour assurer la continuité de ses missions solidaires.

L'équipage

L’Équipage exerce des activités de logistique : en cette période de confinement, toutes sont à l’arrêt excepté Le Radis, un projet solidaire qui résiste.

Le Radis signifie « restauration antigaspi à double impact social » : porté avec Baluchon (entreprise solidaire traiteur), ce projet fournit des repas aux plus précaires. En début de chaîne, des invendus alimentaires sont donnés par des partenaires, essentiellement Metro et DIPSA. L’Equipage assure leur collecte et leur acheminement vers Baluchon, qui confectionne 450 repas. L’Équipage les livre ensuite à des associations qui accompagnent des publics précaires.

www.ensemble.baluchon.fr

Comment avez-vous adapté vos activités dans le cadre du confinement ?

Avec Baluchon, on a évidemment souhaité continuer : si on ne le fait pas, 450 personnes par jour ne savent plus où manger. C’est un peu rocambolesque, on a collecté beaucoup moins qu’avant, et moins varié : moins de viande rouge, de fruits et légumes. Avec l’équipe Développement et Partenariats d’Emmaüs Défi, on a donc cherché d’autres sources de denrées alimentaires. Cela a permis de récupérer des salades, des yaourts, même 1 tonne de filets de canard… ! Mais ça reste ponctuel, ce n’est pas toujours compatible avec les capacités de stockage et le respect du cahier des charges. De ce fait, depuis peu, Le Radis est obligé d’acheter des denrées. On s’écarte du modèle de base du Radis en raison des circonstances particulières, mais on continue à travailler.

Par ailleurs, il se passe autre chose d’un peu particulier : les Restos du Cœur, qui sont nos voisins à Rungis (où se trouvent les entrepôts de la Banque Solidaire de l’Equipement, ndlr), avaient 10 000 sandwichs bientôt périmés en stock. C’était trop pour le Radis, nous avons donc cherché des dispositifs d’aide alimentaire. On est tombé sur l’association Aurore, qui est mandatée par la Ville de Paris pour organiser la confection et la distribution de paniers repas dans le cadre du confinement. On a pu écouler la moitié du stock. On a renouvelé l’opération avec des salades composées toute prêtes et 5 000 yaourts. Grâce à cette nouvelle relation, un partenariat va peut-être émerger, permettant à l’Equipage d’assurer la gestion des flux d’Aurore : livraison de packs d’eau, de produits frais. Cela représenterait quelques semaines d’activité avant le déconfinement et nous permettrait de remobiliser des salariés en insertion volontaires.

Justement, comment sont mobilisés les salariés en insertion et comment leur suivi est-il assuré pendant cette période de confinement ?

Sur 10 salariés en insertion, 8 sont au chômage partiel. Les deux qui restent sur le Radis sont équipés en masques, gants et gel hydro alcoolique. On s’est débrouillés avec d’anciens stocks d’Emmaüs Défi. Nos 2 salariés ont chacun un camion avec lequel exceptionnellement ils rentrent chez eux le soir pour éviter de prendre les transports en commun.

Pour ceux qui sont en chômage partiel, on garde le contact, mais l’accompagnement socio-professionnel est réduit au minimum : la CIP est en activité partielle, hormis quelques heures pour maintenir le lien, renouveler un contrat, gérer l’urgent. On assure aussi un suivi informel, on conseille par exemple des applications pour perfectionner son français. En tout cas, les salariés sont motivés et prêts à reprendre le travail.

Comment cette crise vous impacte-t-elle au niveau financier ?

Ce sera une mauvaise année en termes financiers mais nos partenaires  se sont déjà manifestés pour nous aider. Nous allons par ailleurs réviser nos objectifs de croissance car 2020 devait voir L’Equipage doubler de taille ce qui n’est malheureusement plus réaliste.

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