05 Juin
  • Par Seve Emploi
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Coordinateur espaces verts dans un chantier en Vendée, Julien Martineau nous raconte comment il a accompagné les salarié.e.s pendant la crise sanitaire.

Tremplin et Acemus sont deux associations basées au Poiré sur Vie en Vendée qui ont démarré le programme SEVE Emploi en janvier 2020. Elles assurent des activités de mise à disposition, d’entretien des espaces verts, de maraîchage, et de transformation avec la confection de confitures et de jus de fruits.

Les activités liées aux espaces verts ont été interrompues à l’annonce du confinement. En revanche, c’est la pleine saison pour le maraîchage ! L’activité a été maintenue et l’équipe qui travaille d’habitude sur les espaces verts est venue en renfort sur le maraîchage. Les salarié.e.s du chantier sont des personnes assez isolées pour lesquelles le fait de travailler représente beaucoup. L’équipe a de ce fait souhaité conserver la dynamique engagée avec eux.elles. Julien Martineau, coordinateur du chantier espaces verts, nous explique comment s’est passée cette expérience.

Comment les salarié.e.s du chantier d’insertion ont abordé ces changements ?

Le basculement de l’équipe espaces verts vers le maraîchage s’est fait assez naturellement. Il arrivait déjà que les salarié.e.s viennent donner un coup de main aux collègues lors des pics d’activité. Un roulement a été mis en place pour les salarié.e.s afin de limiter le nombre de personnes présentes en même temps au jardin. Il y a quand même eu quelques craintes au démarrage, on a donc bien travaillé sur les mesures de protection, en particulier sur l’échelonnement des embauches pour que les salarié.e.s ne se croisent pas dans les vestiaires. On a aussi valorisé le fait que leur travail avait une utilité importante et permettait aux gens de continuer à s’approvisionner avec des produits frais et locaux.

Plusieurs articles dans la presse indiquent que la plateforme du gouvernement « des bras pour ton assiette », qui devait permettre de pallier le manque de main d’œuvre dans le maraîchage, a eu un bilan mitigé.  Seulement 15 000 contrats ont été signés pour 300 000 candidatures et beaucoup de ces salarié.e.s novices ont rompu prématurément leur contrat. Est-ce que l’arrivée de ces salarié.e.s sur l’activité maraîchage, qu’ils ne connaissaient pas ou peu, a été facile ou avez-vous rencontré les mêmes difficultés ?

Mon collègue Benoît, encadrant technique maraîchage, a beaucoup travaillé sur ce sujet. L’accueil et l’explication des gestes et postures aux nouveaux salarié.e.s est un premier temps important. Mais, il faut aussi travailler sur la diminution de la pénibilité en s’équipant davantage. Les techniques de désherbage et d’arrosage ont étés repensées pour devenir moins récurrentes et moins contraignantes pour les salarié.es. Nous avons aussi pris le soin de rendre les tâches plus intéressantes et de leur donner du sens. Nous ne faisons pas de monoculture, nous cherchons au contraire à tendre vers une vision holistique du jardin prenant en compte l’agronomie, l’écologie et l’humain. Nous avons multiplié les actions et les projets : les salarié.e.s peuvent travailler en plein champ, en serre, sur des cultures variées, sur l’entretien du poulailler ou de l’agroforesterie, faire les livraisons de légumes pour nos clients ou tenir le petit magasin que nous avons sur le site.

Et maintenant, comment se passe le retour de votre équipe sur les espaces verts et comment voyez-vous la suite du programme SEVE Emploi ?

Nous avons pris un retard que nous n’arriverons pas à rattraper avant l’automne sur l’entretien des espaces verts. A ce retard, s’ajoutent des difficultés d’organisation car nous devons respecter beaucoup de protocoles. Par exemple, nous avons dû adapter le nombre de salarié.e.s présents par véhicules lors des déplacements et sur les chantiers. Les collectivités locales pour lesquelles nous intervenons sont très compréhensives mais nous mettons plus de temps que prévu pour nos interventions. Pour la suite de SEVE Emploi, je suis confiant, je pense que cela va demander un peu de temps de reprendre contact avec les entreprises. Leur priorité, dans l’immediat, n’est peut être pas au recrutement. On trouvera des moyens pour leur présenter nos salarié.e.s et que la rencontre se fasse. Les choses se feront petit à petit mais je ne suis pas inquiet.

Pour en apprendre davantage sur Tremplin et Acemus, découvrez leur site internet : www.tremplinacemus.fr